
2026
Commerces de gros25 Pages
IDCC :573
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Adoptée le 23 juin 1970 et régulièrement modernisée, la convention collective commerce de gros – répertoriée sous l’idcc 573 et communément nommée ccn commerce de gros – constitue la charpente sociale de quelque 45 000 entreprises spécialisées dans l’achat-revente en gros de produits alimentaires, industriels, pharmaceutiques, électroménagers ou encore de biens d’équipement. Près de 850 000 salariés – vendeurs sédentaires, chauffeurs-livreurs, technico-commerciaux, acheteurs, magasiniers, cadres d’exploitation ou de support – dépendent aujourd’hui de ce texte. Le rôle de la convention est double : garantir la flexibilité indispensable à des circuits logistiques très réactifs tout en offrant un socle protecteur et attractif à des métiers soumis à la pression de la chaîne d’approvisionnement.
Entrent dans le périmètre de la ccn toutes les sociétés dont l’activité principale consiste à entreposer, acheter et revendre à d’autres professionnels des marchandises, sans transformation notable : grossistes alimentaires, négociants en matériaux, centrales d’achats, distributeurs de produits de santé, import-exporteurs ou plateformes e-wholesale. L’appartenance dépend de la réalité économique, non du simple code APE, de sorte qu’un pure player numérique qui gère son propre stock relève également de l’idcc 573 dès lors que la vente en gros prédomine. Cette homogénéité assure une égalité de traitement sociale entre des structures de taille et de modèle d’affaires parfois très différents.
Depuis l’accord salarial du 16 décembre 2024, la grille hiérarchique se compose de onze niveaux (I à XI) eux-mêmes subdivisés en échelons. Chaque emploi est évalué selon les critères de technicité, d’autonomie, de complexité relationnelle et de contribution économique ; il en résulte un salaire minimum conventionnel exprimé en euros bruts mensuels pour 35 h. À titre d’exemple :
• Niveau I – Échelon 1 (employé logistique débutant) : 1 812 € brut.
• Niveau III – Échelon 2 (assistant commercial confirmé) : 1 934 € brut.
• Niveau VI – Échelon 1 (technico-commercial itinérant) : 2 360 € brut.
• Niveau IX – Échelon 1 (chef de centre de profit) : 5 088 € brut.
Ces minima sont revus chaque 1ᵉʳ janvier pour tenir compte de l’inflation et de la tension sur les talents rares (acheteurs supply-chain, data analysts, spécialistes e-commerce B2B). S’ajoutent un treizième mois, une prime d’ancienneté de 1 % par an plafonnée à 15 %, et des commissions ou primes sur objectifs pour les fonctions commerciales. Aucune rémunération conventionnelle ne peut être inférieure au SMIC en vigueur.
La durée légale de 35 heures hebdomadaires demeure la référence, mais la convention collective prévoit une modulation annuelle jusqu’à 1 607 h afin d’absorber les pics d’activité (inventaires, lancements produits, surtension des fêtes). Les heures accomplies entre 21 h et 6 h sont majorées de 25 %, celles du dimanche de 100 %. Les cadres autonomes peuvent être placés au forfait-jours (218 jours maximum), sous réserve d’un entretien annuel portant sur la charge de travail et la déconnexion numérique. La pause de 20 minutes rémunérée devient obligatoire dès six heures de travail continu. Pour les chauffeurs-livreurs, les temps de route sont comptabilisés selon la réglementation européenne, et l’amplitude quotidienne ne peut excéder 11 heures de service pour des raisons de sécurité.
La branche a confié son régime santé-prévoyance à un organisme paritaire. Les garanties incluent : remboursement renforcé en optique et dentaire, télé-consultation illimitée, maintien de salaire à 90 % dès le 4ᵉ jour d’arrêt, capital décès égal à deux ans de rémunération et rente éducation. Les salariés bénéficient d’un compte épargne-temps, d’un forfait mobilité durable de 300 € pour ceux qui se rendent au travail en vélo ou covoiturage, ainsi que de remises sur les achats en lots de l’entreprise (notamment en alimentaire). Un accord de branche finance la vaccination antigrippale des personnels de quai et la dotation en EPI pour les manutentions lourdes.
Pilotée par l’OPCO Commerce, la ccn engage 2,5 % de la masse salariale dans la formation. Les certificats de qualification professionnelle « Magasinier gestionnaire de stocks », « Attaché commercial grands comptes » ou « Chef d’équipe logistique » ouvrent des passerelles rapides. L’entretien professionnel bisannuel est obligatoire ; si aucune action qualifiante n’est réalisée dans un cycle de six ans, l’entreprise abonde le CPF du salarié de 3 000 €. La VAE permet de transformer l’expérience quai ou vente sédentaire en diplôme de niveau 5 (BTS technico-commercial), et un dispositif d’alternance express répond à la pénurie de conducteurs poids lourds.
Le comité social et économique doit être instauré dès onze salariés. Les négociations annuelles obligatoires portent sur les salaires effectifs, l’égalité femmes-hommes (objectif : 40 % de femmes managers en 2028) et la QVT : ergonomie des postes, prévention des TMS, sécurisation des quais. Un avenant « développement durable » engage la filière dans la réduction de l’empreinte carbone des livraisons (optimisation tournée, véhicules GNV ou électriques), la diminution des emballages plastiques et la traçabilité des flux import/export. La convention prévoit enfin un droit d’alerte éthique en cas de soupçon de corruption ou de non-conformité douanière.
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En conjuguant flexibilité logistique, reconnaissance des compétences commerciales et garanties sociales robustes, la convention collective de commerce de gros (ccn IDCC 573) demeure la colonne vertébrale d’une filière stratégique pour l’économie française. Grâce à des classifications claires, un temps de travail modulable, un régime de protection complet et un investissement durable dans la formation, cette convention offre aux grossistes l’agilité requise pour servir les détaillants comme l’industrie, tout en assurant aux salariés un parcours professionnel sécurisé et évolutif.
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