
2026
Taxis25 Pages
IDCC :2219
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La convention collective nationale des taxis, identifiée par le numéro IDCC 2219, constitue depuis le 11 septembre 2001 le socle juridique qui organise les rapports de travail entre exploitants et conducteurs salariés, qu’ils exercent à Paris ou en province. Étendue par arrêté ministériel en 2003, la CCN s’applique à tous les établissements relevant du code NAF 4932Z et du code des transports, y compris les bases radio et centrales de réservation quand elles emploient des chauffeurs sous contrat de travail.
La convention couvre quatre familles de métiers : conducteurs de taxi, dispatcheurs et personnels techniques, personnel administratif – commercial, et encadrement. Chaque famille est ventilée en niveaux, coefficients et échelons définis à partir de l’autonomie, de la technicité et de la responsabilité économique. Cette architecture permet d’arrimer la grille des salaires minima et de sécuriser les passerelles de carrière, un point crucial dans un secteur où l’ancienneté est souvent courte et la polyvalence élevée.
Le premier barreau de la grille est indexé sur le SMIC horaire ; viennent ensuite des planchers conventionnels revalorisés lors de chaque négociation de branche. Outre ce fixe, la rémunération intègre des variables indispensables à l’activité :
Heures supplémentaires : majoration de 15 % de la 36ᵉ à la 39ᵉ heure, 25 % de la 40ᵉ à la 43ᵉ, 50 % au-delà.
Jours fériés : + 15 % pour tous les fériés, sauf le 1ᵉʳ mai payé double.
Travail de nuit (22 h – 6 h) : la convention laisse la négociation d’une prime de pénibilité à l’accord d’entreprise, mais recommande un différentiel d’au moins 15 %.
Une prime d’ancienneté de 2 % du salaire de base par année, plafonnée à 12 %, complète ce dispositif incitatif pour fidéliser une main-d’œuvre très mobile.
La durée légale reste 35 heures hebdomadaires (151,67 h/mois), mais l’activité taxi impose une organisation spécifique :
Amplitude maximale : 10 heures de conduite effective par tranche de 24 h, pauses incluses.
Modulation : possibilité de lisser la durée sur 12 mois afin d’absorber pics touristiques, salons ou événements sportifs.
Repos quotidien : 11 heures consécutives, sauf dérogation encadrée lors des grands départs ou plans Vigipirate.
Ces règles combinent le droit européen des temps de conduite et le pragmatisme nécessaire au transport à la demande.
La convention collective IDCC 2219 rappelle l’obligation, pour l’employeur, de financer la visite médicale d’aptitude à la conduite et la formation prévention-secours routiers. Les véhicules doivent être révisés à intervalles définis, et la tenue de service (blouson réfléchissant, chaussures fermées) est considérée comme équipement de protection individuelle : son coût ne peut être imputé au salarié. Un conducteur qui refuse un service faute de conditions de sécurité ne peut être sanctionné, principe décliné dans les accords de 2023 sur le droit de retrait.
Depuis 2016, tous les salariés de la branche bénéficient d’une couverture santé améliorée (verres progressifs, chambre individuelle, actes de chirurgie dentaire complexes) financée à 50 % par l’employeur. Le régime de prévoyance garantit 80 % du net en cas d’incapacité et un capital décès égal à trois fois le brut annuel. Concernant la formation, chaque chauffeur doit suivre au minimum une journée annuelle de mise à niveau (règlementation locale, langues, gestes premiers secours). Les heures sont comptabilisées dans le compte personnel de formation (CPF) et peuvent être abondées par l’entreprise.
La commission paritaire nationale des taxis se réunit deux fois par an ; son ordre du jour porte sur la revalorisation de la grille, la sécurité, la transition énergétique (bonus pour véhicules électriques) et l’impact des plateformes VTC. L’avenant de fin 2023 a introduit un forfait-kilomètre pour les parcours « à vide » et acté le principe d’un droit à la déconnexion : les centrales radio doivent garantir au chauffeur un créneau sans appel professionnel sur un minimum de 11 heures.
Cartographiez vos contrats : vérifiez que chaque conducteur est classé au bon niveau de la grille, gage de sécurité juridique.
Anticipez les pics d’activité : activez les avenants de modulation plutôt que de recourir systématiquement aux heures supplémentaires – plus coûteuses.
Valorisez les avantages : prime d’ancienneté, majorations fériées attractives, certification continue : autant d’arguments pour recruter face aux plateformes.
Entretenez le matériel : un véhicule mal révisé peut engager la responsabilité pénale de l’employeur autant que celle du chauffeur.
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Plus qu’un simple recueil d’articles, cette convention incarne un équilibre subtil : protéger le salarié sans brider la réactivité qu’exige la mobilité urbaine. Grâce à la vigilance des partenaires sociaux, la CCN IDCC 2219 évolue au rythme des innovations (électrification, dispatch cloud, paiement sans contact) tout en maintenant un socle commun de droits. Bien maîtriser ses dispositions, c’est non seulement sécuriser son entreprise, mais aussi renforcer la qualité de service offerte à des passagers toujours plus exigeants. Sous sa carrosserie réglementaire, la branche taxi possède enfin un moteur collectif tourné vers l’avenir.
Pratique
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