
2026
Personnel des cabinets d'experts-comptables et de commiss…
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IDCC :787
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Qu’on finalise un bilan en période fiscale ou qu’on certifie les comptes d’une PME innovante, la vie quotidienne d’un cabinet s’appuie sur un texte unique : la convention collective des experts comptables – plus simplement ccn des EC, référencée idcc 787. Signée en 1974, refondue en 2020, elle encadre aujourd’hui près de 140 000 salariés – assistant comptable débutant, gestionnaire paie, auditeur junior, responsable social ou manager conseil.
La convention s’applique à tout cabinet libéral ou société inscrite à l’Ordre des experts-comptables, qu’il traite la comptabilité, l’audit légal, la paie, le conseil RSE ou la data-analyse fiscale. Sont aussi couverts les services communs : administration, marketing, informatique, même s’ils ne réalisent pas de production comptable directe. Les centres de gestion agréés et les directions financières d’entreprise restent, eux, hors champ.
La grille issue de la réforme 2020 ventile les postes de N1 à N8 :
* N1 : hôte·sse d’accueil, opérateur de numérisation.
* N2 : assistant comptable ou paie débutant.
* N3/N4 : collaborateur confirmé, gestionnaire social autonome.
* N5 : chef de mission ou auditeur senior.
* N6 : manager d’équipe, référent IFRS, juriste fiscaliste expert.
* N7 : directeur de pôle, signataire de missions complexes.
* N8 : associé non-inscrit salarié ou directeur général de réseau.
Chaque niveau repose sur quatre critères – technicité, autonomie, responsabilité client, management – et sert de boussole pour le salaire minimal, la progression de carrière et l’accès aux formations ordinales.
L’avenant salaires du 14 février 2025, étendu au 1ᵉʳ mai, relève tous les planchers :
– N1 démarre à 1 910 € bruts mensuels ;
– N3 franchit 2 150 € ;
– N5 atteint 3 020 € ;
– N8 dépasse 5 000 €.
À ces minima s’ajoutent :
un *treizième mois** obligatoire (versable en deux acomptes ou mensualisé) ;
une *prime d’ancienneté** : +3 % après trois ans, +6 % à six ans, +9 % à neuf ans, plafonnée à 15 % ;
* des variables individuelles (portefeuille géré, missions de conseil) négociées en contrat.
Base légale : 35 h. La ccn autorise une modulation sur douze mois – indispensable pour absorber la période fiscale ou les audits de clôture. Balises : 10 h max par jour, 44 h de moyenne sur douze semaines, 48 h absolues. Les cadres autonomes (N6 et plus) peuvent passer en forfait-jours (214 jours/an) avec entretien annuel « charge & déconnexion ». Les heures supplémentaires sont majorées : +25 % jusqu’à la 43ᵉ, +50 % ensuite.
Mutuelle de branche : chambre individuelle remboursée à 100 %, forfait optique renforcé, dix séances psy par an. Prévoyance : maintien de 90 % du net pendant six mois puis 80 % ; capital décès de trois annuités brutes. L’accord qualité de vie 2024 pérennise deux jours de télétravail hebdo pour les fonctions compatibles et un forfait équipement domicile de 250 €.
La ccn octroie dix heures annuelles hors CPF, ciblées sur : actualités fiscales, digitalisation, RGPD, normes ISA, IA générative en audit. Les collaborateurs doivent valider 40 h de formation continue chaque année pour conserver la signature de l’Ordre ; ces heures se cumulent au droit conventionnel. Des passerelles CQP – gestionnaire paie, collaborateur autonome, manager conseil – balisent la montée en niveau sans passer par le DEC.
Au socle légal s’ajoutent :
* un jour après dix ans d’ancienneté puis un jour tous les cinq ans ;
* deux jours déménagement tous les trois ans ;
* un congé « solidarité fiscale » de cinq jours sans solde pour bénévolat associatif (permanence impôts, micro-crédit) avec maintien mutuelle/prévoyance.
L’indemnité de licenciement, supérieure au Code, s’établit à 1/5 de mois par année d’ancienneté puis 2/15 au-delà de dix ans.
La commission paritaire négocie chaque printemps la grille salariale et chaque automne les évolutions statutaires. Dossiers sur la table : cybersécurité des données clients, index carbone des cabinets, reconnaissance du métier de data-consultant dans la classification. Tout avenant étendu devient immédiatement opposable : une veille semestrielle demeure donc indispensable.
1. Caler le niveau dès l’embauche : une sous-classification se paie en rappel de salaire.
2. Appliquer la grille 2025 sans délai ; aucun accord local ne peut la minorer.
3. Tracer modulation et forfait-jours pour sécuriser les contrôles URSSAF.
4. Budgéter treizième mois et prime d’ancienneté : ils pèsent sur la marge horaire.
5. Capitaliser sur la formation : un collaborateur up-to-date consolide la relation client et limite les risques normatifs.
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Bien maîtrisée, la convention collective expertise comptable — véritable levier d’attractivité — protège les talents, fluidifie la saison fiscale et renforce la confiance entre professionnels, clients et institutions.
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