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Couverture de la convention

2026

Boulangerie-pâtisserie (entreprises artisanales)

Convention collective :Boulangerie-pâtisserie (entreprises artisanales)

IDCC :843

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Derrière chaque baguette tradition, chaque éclair vanille, il y a un texte qui régit la vie des fournils : la convention collective de la boulangerieccn n° 3301, idcc 843. Signée en 1972, toilettée au fil des ans pour rester alignée sur l’évolution des tournées de pain, elle protège plus de 180 000 salariés dans 33 000 petites entreprises, du boulanger de quartier à la pâtisserie haut de gamme.

Un périmètre clairement artisanal

La convention s’applique dès que l’entreprise répond à la définition fiscale d’« artisan boulanger-pâtissier » : production sur place, détention du diplôme ou d’une pratique avérée, et effectif inférieur au seuil d’industrialisation. Les camions tournées, les points chauds intégrés et les snacks tenus par l’artisan sont donc couverts, tandis que les usines de viennoiserie surgelée relèvent d’autres accords de branche.

Classification : quatre niveaux pour tous les métiers du fournil

La grille actuelle distingue :

* Niveau I – ouvriers débutants et vendeurs poly­valents : pétri simple, mise en pousse, accueil comptoir.

* Niveau II – ouvriers qualifiés et vendeurs confirmés : façonnage baguette, garnissage entremets, gestion de caisse ;

* Niveau III – boulangers ou pâtissiers hautement qualifiés, responsable boutique ;

* Niveau IV – chef de fabrication, second de magasin, responsable de fournée de nuit.

Chaque niveau est calé sur trois critères : technicité, autonomie et responsabilité cliente ; il déclenche un salaire minimal et la prime d’ancienneté.

Minima conventionnels 2024-2025

L’avenant salarial du 30 janvier 2024, étendu début mai, aligne les planchers sur l’inflation : le niveau I démarre à 1 833 € bruts pour 35 h, le niveau II frôle 1 900 €, le niveau III dépasse 2 050 €, le niveau IV flirte avec 2 280 €. S’y ajoutent :

* Treizième mois conventionnel (intégral ou proratisé) ;

* Prime d’ancienneté : +3 % après 3 ans, +6 % à 6 ans, jusqu’à 15 % au quinzième anniversaire ;

* Indemnité de froid (0,20 €/h) pour la manutention en chambre froide ou surgélateur ;

* Forfait panier (7,50 €) pour l’équipe de nuit.

Temps de travail : la pâte impose le rythme

La semaine de référence est de 35 h, mais la ccn autorise une modulation annuelle jusqu’à 1 600 h : l’artisan peut monter à 44 h en période de fêtes ou d’été, à condition de redescendre hors saison. La journée ne peut excéder 10 h, la nuit débute à 22 h et donne droit à +20 % sur l’heure. Les dimanches sont rémunérés comme un jour normal, mais un repos compensateur doit être posé avant la fin de la troisième semaine qui suit.

Santé, sécurité et pénibilité

Poussière de farine, fours à 250 °C, port de sacs de 25 kg : l’accord pénibilité impose un suivi médical renforcé et déclare automatiquement le travail de nuit, le port de charges et le bruit > 80 dB dans le Compte professionnel de prévention. Les EPI (gants, tablier anti-chaleur, chaussures antiglisse) sont fournis sans retenue sur salaire. La mutuelle de branche couvre chambre individuelle, soins dentaires (risques caries liées à l’environnement sucré) et un forfait ostéo-TMS. La prévoyance maintient 90 % du net pendant trois mois, 80 % les trois suivants.

Formation : l’art de la pâte se transmet

Chaque salarié bénéficie d’un droit conventionnel de 10 heures par an hors CPF : pétrissage longue fermentation, viennoiserie feuilletée, hygiène HACCP, vente conseil, gestion réseau social local. Trois CQP maison – ouvrier boulanger, pâtissier de boutique, manager de point de vente – balisent la progression du niveau I vers le niveau III sans changer d’employeur.

Congés et équilibre de vie

Aux cinq semaines légales s’ajoutent un jour après dix ans d’ancienneté puis un jour tous les cinq ans ; deux jours de déménagement sont accordés tous les trois ans. Le congé paternité est étendu d’un jour supplémentaire rémunéré.

Dialogue social et chantiers à venir

La commission paritaire se réunit chaque printemps pour les salaires, chaque automne pour la prospective : sobriété énergétique des fours, farine sans additifs, prévention des troubles musculo-squelettiques et statut du vendeur-livreur e-commerce. Tout avenant publié au Journal officiel s’intègre immédiatement à la convention collective : une veille semestrielle reste indispensable.

Cinq réflexes pour l’artisan ou le manager de boutique

1. Classez chaque poste au bon niveau ; une erreur coûte un rappel de salaire.

2. Appliquez la grille 2024 dès le premier bulletin ; aucun accord maison ne peut la minorer.

3. Tenez un planning de modulation pour sécuriser vos heures de fêtes.

4. Budgétez treizième mois, prime d’ancienneté, indemnités froid et panier.

5. Envoyez vos équipes en formation : une coupe de boulanger ou un créateur de gâteaux tendance, c’est la meilleure publicité du quartier.

Bien appliquée, la ccn Boulangerie-pâtisserie artisanale – véritable “levain social” – transforme chaque fourniture de pain en promesse de qualité et de fidélité, côté salariés comme côté clients.

Pratique

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Mise à jour

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Certifié et légal

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